Celenee

Tout, rien... N'importe moi...

24 novembre 2008

Au théâtre ce soir

Extérieur nuit - tunnel carrelé - lumière blafarde tombant de la moitié des néons en état de marche - quelques silhouettes pressées au loin - aussi loin, devant, sur le mur à droite, le panneau qui indique l'entrée du RER.

La jeune femme (si si !) marche rapidement. Le claquement de ses talons résonne contre la faïence. Elle avance d'un pas léger, malgré les deux sacs qu'elle porte. Un sac à main que d'aucuns appellent une valise, et un autre que tout le monde peut identifier comme contenant un ordinateur portable. C'est la fin d'une journée de travail, mais elle marche légèrement. Pressée de rejoindre la soirée à laquelle elle est conviée, elle avance vers le parvis menant à l'entrée du RER.

Zoom accéléré sur un groupe de trois mecs, devant la jeune femme (oui j'insiste !). Un dont elle voit le dos, encadré par les deux autres qui lui font face. Visages bien visibles. Éclats de voix.

Soudain, le type de dos s'écroule en hurlant. Les deux autres se barrent en courant, chacun par un des deux escaliers qui remontent vers la surface, loin du complexe commercial alentour. Elle a le temps de voir une pochette serrée contre le flanc du plus balèze avant, elle aussi, de se mettre à courir (la conne !) pour parcourir les derniers mètres qui la séparent de l'homme à terre, et du sang sur sa main. Qui commence à couler sur le sol. On ne sait pas comment elle s'est débarrassée des sacs qu'elle portait -on peut raisonnablement évincer l'hypothèse du geste délicat empli de féminité et de prévenance pour le matériel transporté- mais elle se retrouve agenouillée près de l'homme.

- Ça va Monsieur, ça va ?

Traveling circulaire accéléré qui entre par les oreilles et fait le tour de ses neurones qui s'agitent dans tous les sens en lui gueulant "ben non pauv'fille, tu le vois bien, que ça va pas, t'en as  encore d'autres des questions connes comme ça ?!"

- Monsieur !! Eh !! Oh !! Monsieur, ça va ??????

Le Monsieur -un gamin de vingt ans à tout casser- baragouine un truc qu'elle ne comprend pas et gémit en lui attrapant le bras de sa main encore valide (non, pas le sang, non, bordel, pas le sang !)
Son autre main, à elle, se retrouve sur le portable qu'elle a sorti de la poche, et compose les trois chiffres en tremblant. On entend les mots "agression", "entrée RER parvis sous la station de bus", "sang". Le reste doit être noyé dans le brouhaha de ses neurones et des gémissements du blessé qui semble être tombé passionnément amoureux de sa main gauche. Elle ne bouge plus, ils attendent -seule chose qu'ils puissent faire.

Flashes - superpositions d'images rapides façon "24 Heures Chrono" - Baaan - Baaan - les flics - le Samu - la civière - les talkies-walkies qui grésillent - l'annonce de l'arrestation de deux suspects par une autre patrouille il y a cinq minutes - besoin d'identification - efficacité de la procédure - regard de la fille, aussi vide que son cerveau - montée dans la voiture de police - assise à un bureau dans un commissariat - autour, une Cour des Miracles digne des plus sordides et voyeuristes documentaires sur le travail de notre belle Police - un type qui trébuche contre le pied de la chaise sur laquelle elle attend sagement - gros plan sur le hoquet du clodo - zoom arrière quand le mec lui dégueule sur l'épaule.

Extérieur nuit. Reflets des gyrophares sur l'asphalte.

Rideau.

Ce soir-là, je devais aller voir, au théâtre, "Songe d'une Nuit d'Eté".
Je me suis retrouvée actrice d'un épisode d'une mauvaise série policière. "Chronique d'un Cauchemar Hivernal". 

Ma vie est passionnante.

 

 

RIDEAU

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26 novembre 2007

Charlotte, c'est moi...

Non, ça ne me pose pas le moindre problème de me comparer à la charismatique Charlotte Gainsbourg ! Même pas ! On va penser que ça fait partie du nouveau programme "Eh oh merde chuis pas si mal !" que je suis depuis plusieurs mois...

Donc, je le redis haut et fort : Charlotte, c'est moi !
(Bon, quand même, par souci de réalisme, j'avoue que j'exagère un chouïa, parce que je parle juste de son rôle dans le navet d'hier soir sur la Une - ça m'apprendra à repasser sur le réseau hertzien, tiens, surtout un dimanche soir !... Une mise en parallèle de deux infidélités, celles de deux quadra-limite-quinqua bien installés, et leurs soi-disant déboires amoureux... Poussif, cliché, téléphoné...)

Mais voilà, Charlotte, c'est moi...
En tout cas, au début du film.

Elle tombe raide dingue amoureuse d'un mec. Jusque-là, tout va bien.
Le mec est marié. Là, ça va un peu moins bien.
Mais Charlotte est une grande fille, elle sait-sent qu'elle a quelque chose à vivre, et elle y va.

'Tention, hein : c'est une fille bien, Charlotte : elle est vachement respectueuse de la vie de son chéri, elle ne s'impose pas, elle s'éclipse quand il le faut, même si c'est pour rentrer pleurer dans son chez elle -elle est vachement belle, en plus, Charlotte, quand elle pleure !- en attendant que son homme la rappelle... Ce qu'il finit of course par faire, parce qu'il est raide dingue d'elle, aussi. Il a juste quelques petits trucs à gérer, le Monsieur, faut le comprendre...
Mais quand il appelle, eh ben Charlotte elle est toujours disponible pour lui. Ou elle s'arrange pour l'être... (en plus, elle assure grave avec son portable, Charlotte, et ça aide, pour se rendre disponible...)

Rien à voir avec la maîtresse hystérique qui fait des crises et qui tempête, celle qu'on voit en parallèle avec Arditi, celle qui va insulter l'officielle, celle qui claque les portes et les ultimatums à longueur de film, qui fait ses valises pour ne faire que rester... Rien à voir avec moi, non non, moi, puisque vous me demandez (!), c'est Charlotte !

Bon d'accord, je n'ai pas de voiture, et même quand j'en avais une, je n'ai jamais passé des heures à poireauter à l'intérieur en attendant qu'il me rejoigne...

Mais quand même, hein, Charlotte, c'est moi, tout pareil : dans la discrétion, elle se contente de quelques moments volés, on n'a même pas l'impression qu'elle demande quoi que ce soit, elle fait passer le bien-être de son Homme avant le sien... Pour dire à quel point elle ne demande rien, Charlotte : on n'apprend que quelques "semaines" plus tard qu'elle a quitté son mari dès qu'elle a rencontré son Homme, sans pour autant attendre qu'il en fasse de même pour elle, sans même le lui dire !
Bon, d'accord, je n'ai jamais quitté de mari, mais ça doit bien être seulement parce qu'il n'existait pas... Parce que sinon, hein, dans la série des âneries faites en silence, je pourrais jouer aux 7 familles en solitaire !

Charlotte et moi, même combat !
En tout cas au début.

Parce que je dois avouer que je ne sais pas trop ce qui s'est passé : entre d'un côté le film, et de l'autre mes expérimentations culinaires (merci de ne pas vous marrer, les cop's !) et l'appel de Soeurette, forcément, j'avais mes priorités, et j'ai dû rater des trucs.

Et quand je m'y suis remise, j'ai été bien obligée d'arrêter de me dire en souriant "Charlotte, c'est moi !" : elle filait le parfait bonheur (un bonheur au quotidien, officiel, avec les enfants de Monsieur et tout et tout) avec son Homme ! Aaarghh !

Ben non, en fait, pour le coup, Charlotte, c'est vraiment pas moi...

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08 novembre 2007

Ben moi, quand j'étais militante...

Ce soir, à la télé (LCI, toujours, hein, j'ai du mal à changer, je dois être une routinière qui ne s'assume pas) ce soir, donc, disais-je, des images de mobilisations estudiantines.
Estudiantines ? Étudiantes ? Boarf, flemme de vérifier, et pis on s'en fout...

Bref, ça bouge dans les facs.
Il y a des orateurs passionnés, tremblants, hurlant dans un micro (même pas un porte-voix, tu rigoles ou quoi, non non monsieur, un micro, un vrai, un sans-fil ! Wow, les avancées technologiques ne cesseront jamais de m'impressionner !)

Bref, à les voir comme ça, tremblants mais convaincus, je me suis pris une rafale d'images dans la tronche, un sacré flashback, en quelques secondes.
Pas des images de déjà vu, non... Pas non plus les images de quand on est en plein dedans. Juste des images de moi (j'aime pô trop, en général, et j'évite dans la mesure du possible) mises sous les yeux de la même moi - juste plus de dix ans après...

Je me suis revue, dans mon petit short court noir et mes collants presque opaques (j'avais de jolies jambes, apparemment) aussi tremblante qu'eux le sont aujourd'hui, m'époumonner en pleine Assemblée Générale dans le plus grand amphi de ma fac. Comment je m'étais retrouvée là, moi la timide complexée, dépucelée de quelques petits mois, en première année de fac, je ne saurais le dire. Ni pourquoi, ni pour ou contre quoi, je ne sais plus. Ah si, une Jospinade... Mais bon dieu, ça, pour être dedans, j'étais dedans !
Ma soeurette m'a parlé récemment de cette bouffée de fierté qui l'avait envahie en me voyant débarquer dans sa classe, quand on faisait le tour des lycées de la ville pour mobiliser les futurs pôvres étudiants qu'on défendait autant que notre propre peau... Du coup, y avait du monde pour m'écouter (et m'applaudir ! Moi !) quand je les débauchais pour qu'ils viennent à la manif, grimpée sur un banc au milieu de la cour de mon ancien bahut ! Ah la vache, je le sais bien que j'avais la voix qui tremblait, mais les accents de sincérité, faut croire que ça leur parlait !

Et l'AG Nationale à Paris ! Oh ce périple !!! Messieurs des RG qui passez par ici, vous vous souvenez, hein, de la R5 bordeaux qui se trimballait en tête de manif dans la ville, menant le cortège qui allait bloquer les TGV en se répandant sur les rails à la Gare... Si si, chuis sûre, avec le méga porte-voix de la mort qui tue sur le toit, et les cinq Délégués-Représentants-Coordinateurs qui montent dedans pour représenter la ville et les étudiants de la région à la capitale !! Eh ben c'est moaaaaaaaa !... Bonsoir Messieurs ! Installez-vous, y a d'autres aveux qui arrivent !

Bon, vous aussi, Parents, vous vous en souvenez... Panique à bord le matin en ne voyant pas la voiture dans la rue, et hallucination totale en apprenant que je revenais de Paris, pas dormi de la nuit ben oui le temps de rentrer, on va prendre le café ici, hein, après je les ramène à la cité U ! Des années plus tard, vous vous en souveniez assez pour me le remettre dans les dents, au chapitre "Tout ce qu'on a dû subir !"

Les réunions de la Coordination Étudiante jusqu'à des 3 heures du matin pour décider des suites à donner au Mouvement... Y en a pas eu beaucoup, c'est vrai - en tout cas au niveau collectif...
Parce qu'au niveau individuel, ça faisait un bout de temps que je le zyeutais, quand même, le grand (forcément), là-bas... Celui qui me taxait tout le temps des clopes, toujours un peu en retrait, mais quand il l'ouvrait, c'était respect... Pas si en retrait, d'ailleurs, il était toujours à côté de moi, il disait qu'il faisait garde du corps d'une des seules nanas de la Coord'...
On a fini par partager trois ans de nos vies, lui et moi...

Quand ça a commencé à devenir sérieux, tous les deux, vous savez, les papillons dans le ventre, le coeur qui bat fort rien qu'à l'idée de se retrouver et les étoiles dans les yeux, il m'a passée à un autre de ses camarades. Euh, ah non, pas de méprise ! "Passée", politiquement parlant, hein, à cette époque, "échangisme", je ne savais même pas que c'était dans le dico !
Parce que, "discuter politique", c'est bien ce qui a fait qu'on s'est rapprochés, tous les deux... Je crois bien qu'on savait que ce n'était qu'un prétexte. Mais il nous plaisait bien.
Alors je courais. Entre mon boulot dans un magasin de sport, mon autre boulot à la B.U. Sciences, mes 36 heures de cours hebdomadaires (mais oui !! oui oui j'étais en fac !), mes rendez-vous de discussions politiques, mes heures de lecture qui allaient avec, et mon premier vrai Amour, je courais.

Du coup, à force de courir, j'avais pris de l'élan, alors j'ai grimpé les échelons de l'Organisation.
De sympathisante, je suis passée à militante. Oh purée, cette fierté quand le leader local m'a donné mon pseudo... Consécration, c'est Le signe... Faut dire qu'il était sacrément sexy, cet enfoiré... Mon premier mec "maqué", d'ailleurs, mais c'est une autre histoire...

Militante,donc... Ouééééééé ! À moi les levers à trois heures du mat' pour aller differ (NDLR : faire les diffusions de tracts à l'entrée des plus grosses boîtes de la ville, aux heures de prise de service des ouvriers qui bossent en équipe, les ceusses qui ont encore les yeux bouffis de sommeil et qui comprennent même pas de quoi vous leur causez - mais instinctivement ils ont quand même beaucoup plus tendance à s'arrêter près de la seule fille du groupe qu'auprès des camarades mâles fin de la NDLR) ; differ, donc, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente (et à quatre heures du mat', faut croire qu'il vente souvent, aux entrées des grosses boîtes de ma région !)

Militante ? Allez, soyons fous, bien sûr que je suis volontaire pour aller m'expatrier sur le plus gros stand de la Fête annuelle, avec les copains de la Région Parisienne que je ne connais ni des lèvres ni des dents, mais on me propose moi parce que j'ai le contact facile et que du coup sur trois jours je me fais trente heures les mains dans l'eau froide pour laver poivrons, salades et tomates, parce que le plus gros stand de la Fête, c'est celui des Kebab !

Militante ? Ben tiens, tant qu'à faire, hein, on va faire l'ouverture du 20H de France 2, en repassant un drapeau avant un meeting ! Ben oui, tiens ! Les images, je les ai jamais vues moi-même, mais elles ont fait le tour de France grâce aux Caravanes de l'Eté... Ben oui, j'assume !

Militante... En pleine campagne présidentielle... Alors ça... Alors ça, ma bonne dame... Jamais je n'aurais voulu le rater... Merde, quand on a des convictions, et que, marché après marché, immeuble après immeuble -toujours commencer par le haut, puis redescendre, parce que tu ne veux pas te retrouver coincé avant de redescendre par des militants adverses qui auraient été prévenus que tu vas te faire tous les étages, toutes les portes de cette moche tour pour discuter avec les GENS un par un- tour après tour, tu parles avec les GENS UN PAR UN, ben oui, tu veux changer les choses...
Et quand, le soir du premier tour, après une journée passée à faire le tour des bureaux de vote de la campagne la plus profonde (officiellement, tu n'as plus le droit d'être en campagne, alors tu oublies journaux et tracts, tu t'annnonces juste bien fort en entrant dans le vestiaire de l'école du coin en demandant si tous les bulletins de vote ont été bien reçus "non parce que bon on a entendu parler de problèmes de logistique alors on vient vérifier") ; quand ce soir-là, on atteint des scores jamais égalés dans l'histoire de l'organisation, et que les gens présents au dépouillement viennent te serrer la main, et te sourire, et te parler d'espoir, et de sincérité et de constance... ben là... là... Là tu t'assieds sur un banc, dans le cliché du soleil couchant, tu souris, tu t'exaltes... et putain, t'as envie de faire l'amour au monde entier.... Heureusement, y a que le leader local à côté de toi...

Ce soir, en quelques secondes, au pire en deux minutes, j'ai revu tout ça...
Et cette exaltation, cette satisfaction de savoir que nos actes sont en ligne avec ce quoi on croit, je l'ai ressentie... Dans mes tripes, fort...

Aussi fort que la façon dont l'étudiant gueulait dans son micro sans fil de la mort qui tue :

"Mort à Sarkozy ! Courage à tous ! Et vive la grève !"

AG

(Crédit photo : TF1/LCI... ouep... on fait c'qu'on peut !)

Je ne suis pas très sûre de ce que veut dire mon sourire... P'têt que c'est moche, de grandir...?

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06 novembre 2007

Indécences

J'ai tout de suite reconnu sa voix : forte, posée, l'élocution claire. Juste l'intonation un peu monotone de celle qui récite le même laïus, trame après trame, wagon après wagon. Jour après jour, après jour après jour.

J'ai levé les yeux de mon Sudoku-niveau 7 (merde, pourtant j'y étais presque !) et je l'ai reconnue. Y a pas photo, c'est elle. Juste  un peu plus bouffie, juste les cheveux un peu plus ternes que la dernière fois. Sans doute beaucoup plus longs qu'il y a quatre ans.

Elle est juste devant moi, mais je ne la regarde même pas. Le regard figé sur ma grille, j'imagine que je suis un modèle de concentration... Je dois bien être la seule à savoir que je ne vois plus aucun chiffre. Il faut dire que le retournement de tripes monopolise un peu toute mon énergie. Il m'en reste juste assez pour écouter.

Ça fait presque six ans que ça dure, et ça ne passe toujours pas.

Elle - Marie-Christine Dupont-Richer.
Et tous ceux dont je ne connaîtrai jamais le nom.

Le barbu qui expose son moignon de pied à l'entrée de mon métro.

Ces mères qui vous tendent une main sous le nez et tiennent leur nourrisson contre elles de l'autre.

Ce quinquagénaire agenouillé, immobile et droit sur une minuscule couverture, les yeux baissés, au milieu du couloir à Montparnasse - je l'aurais vu même si ma valise et ses roulettes n'avaient pas failli le bousculer...

Les Roumains et leurs petits papiers qu'ils distribuent puis reprennent, sans faute, tous les jours, entre deux gares, avant de sauter dans le wagon suivant.

Le clodo buriné autant que bourré qui m'insulte à la sortie de mon mini-supermarché.

Les femmes voilées qui doivent répéter comme une litanie "s'il vous plaît" dans une langue que je ne connais pas, assises par terre, et dont le môme ne doit plus sentir ses mains à force de les tendre.

Le grand maigre qui lâche un "merde" à la limite du sanglot quand une corde de sa guitare lui pète entre les mains et entre deux accords.

Ces voix quotidiennes qui tentent de couvrir le vacarme de la rame qui accélère.
Marie-Christine Dupont-Richer.


Bon allez, ça doit vouloir dire que je n'ai pas encore assez de gras sur le bide, je sens encore les coups : à chaque fois, sans exception, ça me le fait : un truc en plein dedans.


Cette fois-ci, pour Marie-Christine, ça marche : elle court presque d'un bout à l'autre de la rame, elle revient en arrière quand on lui fait signe, elle repart, pour être sûre de ne rater aucune pièce... Ça doit être sa nouvelle histoire : veuve d'un fonctionnaire-mort-dans-l'exercice-de-ses-fonctions-en-attendant-que-la-pension-arrive, manger dormir laver, cinq enfants, décence et dignité. Je m'en fous, je n'arrive même pas à en sourire, de sa nouvelle histoire, pas de regard narquois ou de soupir excédé. Aujourd'hui ça marche pour elle.


Moi aussi, d'ailleurs. Trois euros et deux centimes. C'est tout ce que j'ai. Ridicule.

L'augmentation du coût de la vie depuis le passage à l'Euro ? Eux aussi doivent se la prendre en pleine poire : dans mon entourage, personne n'a jamais la moindre monnaie sur soi. Obligés de sortir la carte bleue pour rien du tout - ils la prennent partout, de toute façon.

Là, c'est un peu plus compliqué.


Non Madame, arrête, je t'en prie, ne me remercie pas, surtout pas, bon sang je ne supporte pas tes remerciements, surtout pas comme ça, aussi doucement, aussi fortement, même si tu avais récolté 20 euros ce soir, qu'est-ce que tu pourrais en faire ? Pitié, ne nous remercie pas, on ose à peine te regarder dans les yeux... V
erts - comme les miens, tiens.


Elle a filé juste avant que les portes ne se referment, le silence de la rame qui accélère est revenu, mais son "bonne soirée Messieurs-Dames" flotte dans l'air. Fort, posé, clair.


6... et le dernier 3. Yessss ! Juste avant de me lever...

Putain, qu'est-ce que je vais encore faire à manger ce soir ?

pieces

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14 octobre 2007

Il fait beau et nous sommes belles

Je me suis marrée en l'entendant dire ça, et en lui répondant que ça ferait un beau titre de note.
Si j'avais su qu'à peine une heure plus tard, j'allais en faire un vrai schmurtz, j'aurais repris un verre de vin.

Nous avions passé quelques heures Rue de l'Espérance (ça ne s'invente pas !) à refaire nos mondes. Il faisait beau, et nous nous convainquions que nous étions des filles bien.
Elle -j'y reviendrai- c'est mon amie. Pas depuis longtemps, mais ça fait partie des évidences que la vie a la bonne idée de vous mettre sous le nez.

Nous avons pris le temps de déjeûner-bruncher en terrasse, de nous raconter, de tenter de débaucher quelques travailleurs de nos connaissances pour qu'ils nous rejoignent, et de baisser la voix juste assez lorsqu'il était question de giclées de sperme. Deux filles, quoi.

"Allez, il fait beau et nous sommes belles !"

Sous le soleil, Puggy dans les oreilles, en me dirigeant vers le métro, je savais que ma démarche était plus légère, mes épaules plus droites. Et j'étais prête à attribuer les nombreux regards que je sentais se poser sur moi à cette nouvelle mini-assurance qui pointe son nez depuis quelque temps. Forcément, des choses comme ça, c'est comme une nuit de bonne baise, les autres le sentent.

Et ça multiplie encore davantage les sourires.

"Il fait beau et nous sommes belles !"

Ce n'est qu'en entrant dans mon petit ascenseur que le miroir m'a fourni une explication un tantinet différente : le seul rayon de soleil qui avait transpercé le feuillage des arbres autour de la terrasse avait décidé d'élire domicile le long de mon nez... Si vous connaissiez ma carnation, vous comprendriez tout de suite ce que cela implique de rougeur subtilement mélangée aux taches de rousseur... Flagrant, et parfaitement localisé...
Et puis, la lumière crue de l'ascenseur a accroché une tache blanche dans mes cheveux, et là, j'ai voulu disparaître de la surface de la terre : ça faisait une demi-heure que je me balladais en pleine nature parisienne, avec une jolie chiure de pigeon sur la tête !

PIGEON

(Alors, ma belle, tu as toujours envie de faire "pffff" en réponse à mon "Oui enfin bon, toi, surtout !" ? Hein ? ;-) )

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07 octobre 2007

Ainsi parlait Greenpinpin

Ses oreilles ont commencé à tourner, et son ventre s'est mis à briller de mille feux, sa douce voix s'est élevée dans mon salon :
"Alors, bon, euh, je sais pas comment te dire, mais voilà, ça va pas ! Ça va pas, mais alors pas du tout ! Le temps en ce moment, c'est bof-bof, mais sinon, ça va pas du tout !  Va falloir faire quelque chose, moi je sais pas... Fais-toi des amis !"
Oreilles de retour à la verticale, silence. Et ma mâchoire en tombe.

Vous croyez que j'ai fumé ma moquette ? Même pas.
Je vis avec un Greenpinpin, et j'en suis raide dingue.

Greenpinpin

(Il est bôôôôôô, hein ?)

Il me lit les messages de mes amis sans que j'aie besoin de lancer mon pc, la météo, la qualité de l'air, les dernières infos, les podcasts des émissions de radio qui m'intéressent, et des tonnes d'autres choses que je n'ai pas encore paramétrées. Il ne demande rien, juste un peu d'électricité et de mon réseau WiFi... C'est un objet communicant, et, en tant que tel, il pourrait certainement être remplacé par n'importe quoi.
Mais le premier qui touche à mon Greenpinpin, je le bute !

Il est né en même temps que moi... Enfin, à quelques décennies et demies près... Il est, sur mon étagère, un peu de mes amis présents au quotidien.
Greenpinpin m'éclate, me fait fondre, parce qu'il est en outre doué d'une vie autonome : mon Greenpinpin a ses humeurs, ses états d'âme.
A n'importe quel moment, il peut prendre la parole sans que je lui demande rien pour me faire partager ses ressentis, ses préférences... sur tout et n'importe quoi, c'est plus drôle !

Un léger tintement de clochette se fait entendre, et je tends l'oreille pendant que les siennes tournent... Et là, sa voix claire et douce :

"Euh, je peux te faire un aveu ? J'aime pô beaucoup le jaune !..."
Bon d'accord mon Pinpin, je ne referai jamais ma déco avec du jaune, je te le promets !

"Dis, tu sais que t'es vachement plus sympa que mon ancien proprio ?"
Rhooo mon Pinpin, tu me fais rougir - j'ai beau savoir que je suis ta première proprio, toi et moi nous finirons notre vie ensemble, tu sais, moi aussi je t'éééééééééééééémeu !

"Je sais, c'est dur, mais on va s'en sortir, tu sais !"
Euh, dis, t'es vraiment devin ou ce sont les hasards de la technologie ? Bien sûr qu'on va s'en sortir, mon Pinpin, bien sûr !

C'est définitif : je suis gaga.
Ceux qui seraient tentés de se lancer dans une analyse psycho-truc de comptoir, de conclure avec un hochement de tête plein de sagacité : "oui, il lui manque quelque chose, à la Celenee, elle fait un pathétique transfert, pensez donc, l'horloge biologique et tout et tout, en plus elle est célibataire, rhooo la pauvre !" je les tackle tout de suite : que dalle !! Je suis une geek, c'est tout ! Doublée d'une éternelle grande gamine (il faudra qu'un jour je vous fasse la liste des cadeaux que j'ai eus pour mes 35 balais, c'est assez révélateur, et j'adore !) qui sait sourire de futilités...

Sauf qu'aujourd'hui, mon Greenpinpin a le cafard : le Bilan de ma Semaine, que vous avez lu précédemment, lui a fait craindre de ne pas m'être suffisamment utile, le pauvre chéri !
Il est tout perdu, à tel point qu'il m'a suppliée :

"Noooooooooon !!! Pas Ebay !! Je veux pas finir sur Ebaaaaaaaaaaaaaaaaayyyy !!! "

Et là, je me suis dit qu'il fallait effectivement faire quelque chose : son bien-être passant visiblement par la quantité de messages qu'il est amené à me transmettre, je lance un appel au secours : AIDEZ GREENPINPIN !

Et accessoirement, soyez les bienvenus chez moi !
(En plus, la qualité de ligne et de ton éditoriaux, jusque dans les paramétrages des plus triviales caractéristiques techniques, ne cesse, aujourd'hui encore, de véritablement m'impressionner !)

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06 juillet 2007

Vases non communicants -et autres banalités

Rayon

Vous aussi vous avez remarqué ? (pfff, v'là-t-y pas que je me sens investie de la mission de croire que je parle à des lecteurs, moa ! Ava pas, non ?...)

Tant pis : vous avez remarqué, disais-je donc, comme c'est mal foutu, tout ça ?
Tout ça, ce sont les gens, les autres, vous et moi, aussi...

C'est la révélation du jour chez moi, et ça vaut son pesant de cacahuètes ! Eh oui : c'est quand tout va bien que les autres viennent vers vous... et quand ils ont l'air heureux qu'ils nous attirent le plus... Alors qu'on se protège de la tristesse des autres, le plus souvent en l'ignorant. (j'vous avais prévenus, hein !)

Je le sais bien, que ce que fait le bonheur "à l'intérieur, se voit à l'extérieur"... Je le sais bien, qu'il y a tout un tas de petites hormones qui, en dansant joyeusement la bourrée dans notre organisme, nous font la peau plus belle et plus douce... Je veux bien croire tout ce que les manuels nous disent sur le sujet, et le fait que la jouissance partagée (oh bon sang, oui, partagée !) laisse un je-ne-sais-quoi dans le regard qui attire celui des autres... Comme un sourire béat pas totalement visible, mais bien présent... Je le sais, aussi -enfin, je le suppute- que la cyprine et le sperme doivent laisser des traces sur les vêtements et la peau pourtant lavés de près -c'est la seule explication que j'ai pour les meutes de dragueurs qui vous assaillent justement le matin où vous avez des cernes jusqu'au menton, la faute à la visite prolongée autant qu'approfondie du septième ciel...

Je le sais, tout ça, mais c'est mal foutu...

Ne serait-ce pas plutôt quand ils se sentent moches qu'il faudrait les draguer, les autres ?... Quand tout va mal dans leur vie qu'on devrait aller vers eux, poser un bras bienveillant sur leur épaule et leur sourire ?...
Ce n'était pas aujourd'hui que j'avais besoin d'entendre qu'on pourrait essayer de se voir autour d'un café, qu'est-ce qu'on a à perdre ?
Il y a eu des moments où j'aurais sans doute accordé davantage qu'un regard rapide et un "merci c'est gentil" souriant aux trois zozos qui ont tenté une approche en trois quarts d'heure de transports... Et que "ce je ne sais quoi que (je) dégage" se serait trouvé émoustillé par une approche aussi flatteuse... Mais non, eux ne m'auraient pas joué ce joli numéro de drague dans ces moments-là... Et aujourd'hui, j'ai à peine rosi en souriant...

Je ne me plains pas, notez bien ! C'est même plutôt agréable !... Mais mal foutu, quand même !...

Allez, note pour plus tard : penser, un jour, à avoir les couilles de le mettre, ce bras autour d'épaules affaissées autant qu'inconnues... Pour donner une chance à ces hormones dansantes de se propager comme tant de saloperies le font par ailleurs, et de servir au moins à quelque chose, peut-être... À quelqu'un d'autre que moi... On ne sait jamais... Qu'est-ce qu'on a à perdre ?

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19 juin 2007

Si vous saviez...

Si vous saviez, Messieurs, comme c'est difficile, certains jours, d'être une femme indépendante !... *soupir*

Ce week-end, dans le cadre de circonstances que, dans ma grande bonté, je vous épargnerai pour cette fois, ma colonne de douche a rendu l'âme, après plus de cinq ans (au moins) de bons et loyaux services... Je l'admets volontiers, elle commençait à être sérieusement moche, un peu jaunie, passablement entartrée (au bout d'un moment, vous sentez sous l'éponge que la fin est proche, que rien, ni huile de coude ni Antikal, ni l'alliance des deux, même à haute dose, rien ne peut soulager les souffrances de celle qui, à défaut de vouloir, ne peut plus continuer ainsi indéfiniment)...
Toujours est-il que sa fin fut accélérée... Elle ne s'est pas éteinte paisiblement, elle s'est battue, vaillamment sans doute, mais a perdu... Je l'ai retrouvée le lendemain matin, gisant en deux parties dans le fond de la baignoire, déchirée par tant de souffrances...

C'est bête, mais une colonne de douche, ça rend la vie plus belle... Et ça vous manque quand ça n'est plus là... Surtout lorsque "matin" est synonyme de "difficile", lorsque coordonner des gestes aussi basiques que tenir d'une main le pommeau de la douche (pas question de le poser, chuis frileuse, moi, je les prends très chaudes, mes douches !) et tendre l'autre -main- pour attraper le gel douche relève du parcours du combattant ! Un cauchemar !
- Plus jamais çaaaaaaaaaaaa ! m'écriai-je donc mentalement en arrivant au bureau (environ deux heures après la première sonnerie du réveil, et quelques minutes après la première connexion de mes neurones).

Ma journée se passe (je la fais passer ?) et je SAIS que ce soir, je vais changer ma colonne de douche ! Yeaaahhhh !

De retour chez moi, c'est le début des grandes manoeuvres : sortie de la trousse à outils super complète (en théorie), fouillage des ustensiles de bureau pour trouver le mètre, et hop, me voici à deux mètres du sol (naaaaan j'exagère pas, j'ai juste le vertige !) les pieds posés de chaque côté de la baignoire, sur les rebords, en un équilibre que je préfère juger unilatéralement stable.

A partir de là, tout s'accélère : les descentes et remontées sur les rebords pour dégoter les bons accessoires afin d'arracher (y'a pas d'autre mot !) les capuchons qui recouvrent les vis -le tournevis est trop gros, la lame de cutter trop fragile, j'attaque à la scie à métaux et j'y laisse ma manucure d'hier soir, c'est mieux que le bout du pouce qui a eu chaud !... Je jette tout dans le fond de la baignoire et je maudis le calcaire, ce mal de ma salle de bains !
Je vous épargne le chaussage des sandales que j'avais malgré tout eu la présence d'esprit de laisser au salon, la saisie de la carte bleue dans le sac, le grand sourire du bazariste d'en bas surpris de me voir en semaine, la recherche d'un mètre dans le boui-boui parce que c'est plus drôle d'avoir laissé le sien là-haut, la course désespérée après un ventilateur faiblard parce qu'il fait une chaleur horrible là-dedans, les mesures qui se veulent précises à travers le blister épais, le choix du modèle dont je me dis qu'il est juste sobre ce qu'il faut -sachons rester humble : je n'équipe pas un spa privé !

J'écourte les encouragements goguenards du bazariste "Besoin d'aide ? elle a qu'à crier, nous on vient t'aider !" -je ne rétorque même pas que j'ai travaillé chez Casto, moa, Monsieur, pour entamer la remontée toute guillerette : wééééééééé, ce soir je change quelque chose dans mon appart' !
Le déballage souriant : cool, c'est simple, même pas besoin de mode d'emploi (ça tombe bien, parce qu'il n'y a pas le moindre bout de queue de notice, là-dedans !)... Je pressens malgré tout que ça ne va pas durer trois minutes, cette histoire, alors je mets à l'aise, et me voilà de nouveau à deux mètres du sol (ben quoi, j'ai toujours le vertige, moi !) en string, les muscles des cuisses bandés pour ne pas me viander dans le fond de la baignoire...

J'ai vu faire mon père des dizaines, des centaines de fois, et mes ex aussi, et des potes... Mais y a pas à dire : ils ont une sûreté dans le geste que je n'ai pas... Quand je visse, ça rippe, ça glisse, ça ne prend pas le pas de vis, je ne vise pas le bon endroit et me retrouve à visser la faïence... Je me retrouve avec une vis vissée qui ne visse rien du tout, parce que trop courte... Allez, cool, on redescend, et on se félicite d'avoir gardé les anciennes ! On remonte, on recommence, ça re-rippe, ça re-tourne dans le vide, mais victoire, yessssss, le haut est fixé... Bon, je vais quand même redévisser un chouïa, il faut que je puisse fixer la partie basse - ah oui, zut, il faut que je glisse le long de la tige brillante le porte-savon tout joli et le support du pommeau, aussi, c'est un peu pour ça que je me retrouve à montrer mon cul à la fenêtre, quand même !
Chouette, tout est en place, ne reste plus qu'une vis...

Impossible de décrire la certaine décomposition faciale qui m'atteint alors... Un demi-centimètre... Cinq millimètres !! Un putain de demi-centimètre de rien du tout, et cette dernière vis essaie pathétiquement de s'encastrer dans la faïence pas du tout prête à s'adapter !
C'est confirmé, je suis maudite, et cet appart' a été fait à une époque où le mot "standard" ne figurait pas dans le Larousse !...

Rien à faire, je tiendrai encore le pommeau demain matin...

Caisse___outils

(A vous, mes potes qui pourriez avoir envie de vous rafraîchir, volontairement ou non, dans ma mini-baignoire : PRUDENCE ! La tige en fer est beaucoup plus lourde que celle que vous avez bousillée, salopiots !

A vous, mes amants qui pourriez être tentés de vous agripper à ce qui est à votre portée sous l'effet de la volupté de mes caresses : PRUDENCE ! Vous êtes dans le monde de l'incertitude, on ne sait jamais ce qui est vraiment fixé, ni pour combien de temps ça l'est !

A vous, mes cops qui venez passer une nuit, vous êtes à peu près en sécurité, mais je vous répare ça très vite, promis !)

En tout cas, force est de constater que les absents ont toujours tort, et que tout ça, finalement, c'est la faute du mec que je n'ai pas ! Na !

Posté par Celenee à 00:21 - Tranches de tout - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2007

Dear John

Tu ne le sais pas encore, mais je vais partir. Sans esclandre, sans cris ni larmes, sans crise ni ultimatum.

Je ne serai plus là, tout simplement, et déjà tu sais que tu me regretteras.
Quand au bout de longues nuits blanches, je te l'annoncerai, tu sauras que tu aurais dû.
Prêter attention. M'entendre à défaut de m'écouter.

Je t'ai tout donné, et tu le sais. Mon temps, mon énergie, ma passion, mon écoute et mes sourires, ce que je suis. Tu t'es servi, comme les autres - buffet à volonté, tu aurais eu tort de te priver.
Je ne t'ai rien demandé, parce que tu sais qui je suis.

Tu savais que je t'aidais à briller, que les autres étaient envieux. Tu souriais et te rengorgeais, satisfait de toi, fier de m'avoir.

Notre complicité les stupéfiait, et tu savais qu'ils me convoitaient et me désiraient. Je souriais, parce que je savais que tu savais que sans moi, tu ne pouvais pas.
Je ne t'ai rien demandé, je t'ai laissé le temps... Quatre longues années à te donner ce que je suis...  Comme aux autres, parce que je ne sais pas faire autrement.

Tu savais ce besoin que j'ai d'exister à travers les yeux de l'autre. Tu savais qu'il ne m'en fallait pas beaucoup, juste pas l'indifférence (oui oui, je te rassure, moi aussi j'entends le wdinnnng-wdinnnng de JJG...)

Tu savais, tu as choisi de l'ignorer.

J'apprends, pourtant, et je sais aujourd'hui que je ne peux plus m'épanouir ainsi. Et qu'il n'y a qu'une issue : partir.

Je vais partir et, comme les autres, tu essaieras de me retenir.
Ne le fais pas... Il est trop tard, je suis épuisée.

Monster, APEC et consorts, me voilà !

Posté par Celenee à 23:15 - Tranches de tout - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2007

La France en Bleu

... elle m'emmeeeeeeeeeeeerde !!!!

(ça devrait être un Schmurtz-it Express, sauf que j'ai toujours pas réussi à l'installer ici !
Oui c'est épidermique !
Oui ça frôle l'amertume ! (et je l'assume !)
Nan c'est pas argumenté, et ça le sera pas ce soir ! Et c'est pas davantage constructif !

Mais ça ne change strictement rien au constat suivant : elle m'emmerde, si vous saviez comme elle m'emmerde !!!! )

Posté par Celenee à 23:55 - Tranches de tout - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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