Celenee

Tout, rien... N'importe moi...

21 novembre 2007

De la misère sexuelle dans l'univers carcéral

Trois jours... Trois longues - très longues - de plus en plus longues - journées...

Le cerveau fonctionne à plein régime, les neurones connectent très vite faute d'éléments extérieurs pour interférer et perturber les communications.

L'avantage, c'est que je ne salis pas beaucoup ma garde-robe... L'inconvénient, c'est que je ne sais pas si, à ma sortie, je pourrai encore rentrer dedans : ce n'est pas dans un 40m² que les allers et venues entre la table et la machine à café (et en plus, ça me coûte une fortune en capsules, c't'histoire !), même chargée du cendrier à vider, entraînent une dépense énergétique conséquente.
Je sors le soir, à la nuit tombée, quand l'activité s'est calmée (21 heures, quoi, heure traditionnelle de sortie de bureau !) je sors promener un chien virtuel... pour bouger, pour prendre l'air... Je dois être livide, les yeux creusés, personne ne me regarde, personne ne me parle...

Le troisième jour, je me réveille de mauvaise humeur. Des élancements partout, dans les jambes, dans les mains, les pieds, le ventre, le bas-ventre... Tendue comme la ficelle du string que je ne porte pas, je sautille, je trépigne, je m'agace. Mes gestes sont brusques, j'envoie sur les roses la voix du chef, même lui je veux le voir, je veux du concret, je veux sentir ces saloperies de documents qui me pourrissent la vie d'habitude, je veux regarder ces sourires professionnels qui m'horripilent tant, je veux entendre ces vannes quotidiennes sans le filtre de l'oreillette, toucher les poignées de porte et les badges...

Mon prochain orgasme pour être au bureau ! Ils me manquent, ces cons !

Je tourne en rond. Ma consommation augmente. Six fois aujourd'hui. Déjà.

Il faut que je change mes draps.

C'est pas que j'attende ce soir le Prince Bandant pour me rendre ma pantouffe de vair - trop d'embouteillages en bas de chez moi, de toute façon, il n'accéderait pas à ma porte !... 
Et c'est sans doute une chance pour lui, finalement : je m'inquiétais déjà, il y a quelques jours, pour celui qui, après la reconstruction forcée de mon hymen, aurait le malheur de mettre la queue dans ma couche... Aujourd'hui, je demande juste à celui qui passera mon seuil de me communiquer les coordonnées de sa famille : elle méritera que je lui envoie au moins mes condoléances.

A chaque chose malheur est bon, disent-ils... Pour le coup, je développe mes facultés empathiques.
Après trois jours, plus de doute, si tant est que j'en aie jamais eu : des prisonniers, même totalement hétéro, qui finissent par s'enfiler à longueur de journée, ça me parle, là !

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29 septembre 2007

Le jour où je suis devenue hardeuse

Déjà, faut dire que c'était pas gagné : ma morphologie doit me prédisposer à l'amour des rythmes profonds mais langoureux, doux, longs et lents. Les rythmes posés, ceux qui laissent au corps tant qu'à l'esprit le temps de ressentir chacune des vibrations, à chacun de leurs coups...

Quand Grand T. a sorti son ordinateur, un matin de gueule de bois, presque juste après le premier café, j'ai eu quelques sueurs froides... J'ai dû le regarder d'un oeil torve (mon oeil du matin, en somme) en lui demandant ce qu'il allait encore bien pouvoir me faire. J'avais eu quelques grosses douleurs lors de nos précédentes tentatives - et je n'aime pas souffrir.

Il faut dire que j'ai une sensibilité toute particulière aux aigus. Particulière dans le sens "pas agréable" du terme. Vraiment pas.
Alors les solos de guitare électrique, ça m'agresse. Les cacophonies de trucs qui hurlent et qu'on n'entend même plus la batterie ni rien d'autre, ça me fait mal. Physiquement.

Mais ce matin-là, étonnamment, le GT m'a fait entendre (avant que je n'écoute, moi aussi je peux être de mauvaise foi, surtout le matin) une voix. Bon, on sentait bien des guitares et des trucs que j'ai pas vraiment en stock d'habitude chez moi, derrière, et même que ça se lâchait de temps en temps, mais ça restait ma foi tout-à fait supportable - voire très sympa !

Et jeudi soir, c'était -encore- mon anniversaire ("plus t'es vieux, plus tes cadeaux s'étalent sur longtemps", qu'il m'a dit - pfffff). Alors j'étais au Zénith.

J'avais quand même tenté une petite préparation, parce que ça s'improvise pas comme ça, devenir hardeuse. Depuis trois jours, je me les faisais en boucle, pour améliorer mon endurance - j'ai saturé à un moment mardi soir, j'avoue, pardon, et je me suis même demandé si j'allais tenir tout un concert... Honte à moi - que celui qui n'a jamais douté me jette la première pierre... Mais le dernier album me plaisait, et Espoir est redevenu mon compagnon. (Oué, je sais, moi aussi ça me fait marrer, d'écrire ça !)

J'aime bien le Zénith, j'y ai d'excellents souvenirs (les Têtes Raides avec ma soeurette, en premier lieu, et forcément, ce premier lieu, c'est quelque chose !)... Et jeudi soir, le public était tout sympa : foin des pétasses lookées des bars branchouilles que je ne citerais pas ici, on est plutôt dans la catégorie vieux ados piercés-mais-juste-ce-qu'il-faut, prédominance du noir-mais-pas-gothique, simple et fonctionnel, en somme... Et j'ai même pas eu l'impression d'être plus vieille que la moyenne ! Oui, vraiment sympa...

Bon, quand même, on sent les habitués des pratiques un chouïa extrêmes... Dès la première partie, les corps qui passent de bras en bras à une vitesse impressionnante, des jambes en l'air et des positions acrobatiques, parfois même des vêtements qui volent dans tous les sens pour tenter de rejoindre leur propriétaire qui est maintenant là-bas, devant la scène...

Pendant la première partie, j'ai joué les voyeuses... Pas volontairement, au début du moins, mais ils étaient juste dans mon axe de vision : le petit couple de vieux ados boutonneux devant moi, qui n'a pas arrêté de se palotter (!)... Je suis devenue voyeuse tout-à fait active quand je me suis dit que ça faisait très technique, tout ça. Les têtes totalement immobiles, les bouches soudées l'une à l'autre pendant de très longues minutes... Pas de fantaisie, pas de sensualité, je me demandais quand ils allaient bien pouvoir découvrir le charme d'un baiser où tu ne te fais pas constamment chatouiller la glotte par la langue de l'autre - s'ils le découvraient jamais... Etais-je alors un peu envieuse, là, parce que je n'étais pas dans une situation où c'étaient mes douces épaules qu'on caressait ? Peut-être, qui sait ?

A l'entracte, je me suis attaquée aux queues -celles des crocodiles Haribal... Je commence toujours par là. Ressentais-je alors la pointe d'appréhension caractéristique de celle qui n'est pas tout-à fait certaine d'être à sa place, et qui se rassure dans ses propres repères ? Peut-être, qui sait ?

Et puis, est arrivé le concert à proprement parler... Et là, je me suis sentie à deux doigts de me refaire la double jean's-métro... Si si !
J'ai souri de plaisir en nous félicitant de ne pas être dans la fosse, mais assis, avec un joli point de vue sur la scène. Pas d'attaque de mon espace vital, et surtout, surtout... les sièges ! Ah mon Dieu les sièges !
N'allez pas croire que je sois trop vieille pour rester debout pendant plusieurs heures... Que nenni ! C'est juste que les sièges, dans les gradins, ça répercute bien les vibrations. Très bien. Les pulsations. Les basses saturées. Les attaques du batteur déjanté. Et les clameurs du public.
Littéralement le cul entre deux chaises -je voulais laisser leur espace vital aux grandes jambes de Grand T.- je n'aurais cédé ma place à personne... (Toujours ces histoires de place !)

Etre voyeuse ne me suffisait plus, je ne pouvais et ne voulais que vibrer. De toute façon, l'objet de mon voyeurisme premier s'était déplacé de quelques rangs vers l'avant, et je ne le cherchais pas. Mais je pouvais apercevoir, de temps en temps, quelques gestes qui me laissaient penser qu'ils avaient trouvé une recette un peu plus personnelle : les lèvres qui s'attardent à la commissure des lèvres de l'autre, on devine le souffle qui vient la titiller, et même un bout de langue qui pointe et qui caresse... Joli contre-poids de douceur au milieu des décibels ambiants. J'aurais sans doute pu penser à conseiller mentalement à la damoiselle d'aller lui titiller aussi le lobe de l'oreille, mais la rangée de six anneaux et pendants divers le long de la cible m'aurait de toute façon arrêtée.

Et puis, là maintenant tout de suite, j'ai d'autres choses à vivre.

J'étais au concert parisien d'INCUBUS. Et j'ai pris un pied monstre.

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PS 1 : Comment ça c'est pas du Hard ? Eh oh, on se calme ! Le truc le plus "violent" que j'aie chez moi s'appelle Pink Floyd, et en plus, Incubus, on le trouve dans les bacs "METAL" !! Parfaitement !

Et accessoirement, j'emmerde les puristes !

PS 2 : La première partie : "PUGGY"... Jolie découverte, que j'écoute en écrivant cette note, et, décidément, je le recommande chaudement !

PS 3 : Merci à mon GT. ! Vraiment vraiment !

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11 août 2007

Du cul du cul du cul !

sourire

(faut que j'arrête de poster la nuit, moi, je fais n'importe quoi !)

Ainsi donc, certains veulent du cul...

Alors je m'incline et j'obtempère.

Voilà, donc :

Sexe turgescent, cyprine, halètements, cris, jouissance, fente trempée, après-midi entière de baise sauvage, orgasmes, discussions, mon point G, sa prostate, confusions de jambes, de langues, de sexes, de sueurs, de rires, de cris, de soupirs, de frissons... Sommeil, entremêlement des peaux, son front sur ma joue, l'air ne passe plus entre nos corps, ma main qui se fond dans son bras qui se fond dans le creux de ma taille. Réveil, douceur, bande, mouille. Soirée aussi. Et nuit.

Sexe. Cul.

Et hop, suffisait de demander ! Et aujourd'hui, c'est mon jour, alors je fais comme je veux !

D'ailleurs, j'y retourne. Elle commence magnifiquement, cette année...

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07 juin 2007

Conditionnel passé

J'aurais dit la chaleur de ton épaule contre la mienne.

J'aurais sans doute commencé par planter le décor, décrit mon appartement, les verres, la noix de jambon et les fromages dans leurs emballages colorés. J'aurais dit mon réel étonnement quand tu as fait un commentaire sur l'heure qu'il était déjà...
J'aurais parlé de cette douche que tu as décidé de prendre, contre toute attente, de mon sourire amusé en réalisant que tu allais vraiment le faire. Ton corps nu au milieu du salon, je n'aurais pas pu le décrire, tellement concentrée -et reconnaissante de l'être- que j'étais sur ma recherche de serviette pour toi. J'aurais pu en revanche parler de mon souffle qui s'est accéléré quand tu t'es glissé près de moi pour passer, et de cette envie que j'avais de te sentir contre moi.

J'aurais parlé de mon affairement alors que l'eau coulait, de celle que j'ai bue pour me rafraîchir autant que pour reprendre mes esprits, pour ne pas me laisser aller à imaginer ce qui ne se produirait peut-être pas... L'insertion du DVD que tu as gravé et que tu voulais regarder... Ton sourire amusé quand tu es sorti, une serviette autour de la taille...

J'aurais dit ces moments surréalistes, sur mon canapé, en plein milieu de la nuit, devant des corps nus et gémissant et jouissant. J'aurais dit ma certitude, à ce moment-là, que je devrais revoir Shortbus dans un autre contexte...

J'aurais dit la chaleur de ton épaule contre la mienne. Et celle de ta main sur ma cuisse. Immobiles.
J'aurais dit la chaleur de ta peau sous la serviette, j'aurais dit que je n'osais pas bouger, et que je regardais sans voir. J'aurais écrit la boule de désir qui grossit dans mon ventre, sans oser aller chercher le tien. J'aurais décrit la douceur de tes cuisses, et celle de ta caresse sur mes bras.

J'aurais décrit ta chaleur, et ta présence contre la mienne.

Voilà.
Voilà sans doute ce que j'aurais écrit si tu ne m'avais pas embrassée.

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29 mai 2007

Etre une heure, une heure seulement...

Un homme.

Pas pour savoir ce qui se passe dans votre tête, messieurs, lors de vos différentes interactions avec nous, pauvres membres du sexe dit faible - c'est le même bordel dans ma caboche, dans celle de mes copines, qu'elles soient célibataires ou mariées, et j'ai plein de potes mâles, ça va, j'ai un corpus satisfaisant pour mes études.
Pas pour votre force physique, non : j'ai du yaourt dans les bras, c'est ainsi et je le vis bien, et l'haltérophile n'a jamais été mon fantasme.
Pas non plus pour vos postes au pouvoir, public ou privé (parce que bon, quand même, il faut bien l'admettre, c'est une réalité !) : je ne suis pas carriériste.

Non. Je rêve d'être, une heure seulement, un homme qui bande.

Pour sentir le désir monter, savourer sa progression en moi seconde par seconde, et ses effets dans le prolongement de moi, millimètre par millimètre. Sentir ce poids au creux de ma cuisse, contre mon bas-ventre, ou cette légèreté quand les barrières de tissu explosent.

Pour sentir ma queue dure caressée par l'air autour d'elle, et montrer ce désir devant moi, évident et fier, dressé au ciel, et l'exhiber, et le revendiquer : je te veux, je bande donc je vit vis !

Pour sentir le souffle de l'amante contre mon gland, éprouver par lui la douceur et la souplesse de la peau entre ses seins et le long de son ventre... Pour me tendre encore davantage vers sa bouche, vers sa langue qui vient me cueillir. Me faire engloutir, avaler, aspirer.

Pour sentir autant que voir ses mains s'activer autour du pôle catalyseur de plaisirs, pour voir et sentir en même temps.

Pour me sentir la pénétrer, entrer en elle jusqu'à la jonction de nos deux corps. Me frayer un passage dans ses chairs et dans ses grottes, et les apprivoiser. Pour la sentir s'empaler sur la balise posée au centre de moi, et sentir son ventre m'envelopper.

Pour sentir le cheminement du plaisir, et le contrôler, puis le laisser prendre le contrôle, et le laisser s'emballer jusqu'à l'explosion, jusqu'à l'expulsion...

Parce que c'est un tel cadeau, à chaque fois... que je rêve d'être, rien qu'une heure, un homme qui bande et qui jouit.
Une heure seulement... ou deux...

vit_vons

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15 mai 2007

"Tu me suces bien..."

Non garçon, non, je ne TE suce pas bien...
Ce n'est pas TA queue dans ma bouche, c'est une queue... Elle a beau être jolie, et dure et ferme, elle a beau réagir à mes caresses et à mes coups de langue... Elle a beau frémir au fond de ma gorge, tu ne le sais pas mais elles réagissent toutes ainsi.
Ce n'est pas TOI que je suce, tu n'as pas tenu compte de mes envies. Tu m'as imposé les tiennes, ton rythme, malgré mes indications murmurées... Je t'ai ouvert mes cuisses, offert mon ventre et mes seins, et tu les as malaxés sans te rendre compte que de soupir d'aise, il n'y avait point.
Tu nous as engagés dans ce duel dépourvu de sensualité, sans même sentir que mon excitation diminuait pour laisser monter en moi le besoin de prendre l'ascendant sur toi.
Je vais te faire jouir avec ma bouche, rapidement, sans tenir compte de tes suppliques pour faire durer ton plaisir. Le mien n'en sera pas altéré, mon désir recommence à couler, tu ne le sais pas parce que tu es concentré sur toi. Tu as nié mon individualité sensuelle, alors j'équilibre : non, je ne TE suce pas bien, garçon...

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04 mai 2007

Caveman Instinct

mur

Le crépi du mur érafle la peau de mon dos, mais je m'en fous... oh bon sang... "oh Fuck" plutôt, c'est ce que je peux entendre entre deux halètements rauques dans le creux de mon cou... Pff, c'est malin, ça, comment je vais bien pouvoir faire face aux railleries de mon boss, demain matin ? Vue la saison, je peux oublier l'écharpe ou le col roulé... ça va être coton, d'expliquer ces marques résultant d'un dîner avec un collègue anglais...

- Oh sorry... oh fuck !! oooh God !....

Cela faisait des années que je ne m'étais pas retrouvée à presque un mètre du sol (j'en sais rien remarque, je suis nulle pour évaluer les tailles, les distances, les surfaces !), contre un mur en pleine rue, à une heure du mat'... Mes jambes autour de sa taille, le retenant contre moi. Et il pousse, et me plaque la tête en arrière pour lécher la naissance de mes seins.

- Oooh god... Fuck ! God !...

L'air me manque, je m'agrippe à ses épaules, je prends appui sur lui pour mieux sentir sa queue durcie à travers son jean. Des râles, je ne sais pas si ce sont les miens ou les siens, il se recule de quelques centimètres pour mieux saisir mes cuisses et les remonter autour de lui. Aucune délicatesse, du désir pur, ma tête heurte le mur et ma nuque s'égratigne... Un petit cri, il semble retomber sur terre, ses yeux bleus égarés reviennent sur moi

- Oooooh I'm so sorry... Caveman instinct, can't help it !

Ma langue vient sceller ses lèvres, et le sourire dans mes yeux lui confirme ce qu'il n'avait pu que sentir, que oh fuck, oh god, j'adore...

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03 mai 2007

Excitation brute

J'avais les mains sur le clavier au moment où nous avons arrêté notre conversation... je ne les ai pas remises entre mes cuisses, j'ai reboutonné mon jeans, re-bouclé ma ceinture... Quand je me suis levée de ma chaise, j'ai su que j'étais toujours, encore, trempée... Pas de string : je sentais mon clitoris gonflé contre la couture un peu rugueuse du jeans...
J'ai fait un pas, puis deux, et mon cerveau est devenu clitoris... Je n'étais plus que cette chair gonflée contre laquelle venait frotter le tissu imbibé de ma mouille... Dans les couloirs, en descendant les escaliers, chacun de mes pas n'avait qu'un but : pas celui de me faire avancer, non, mais bel et bien de provoquer un frottement supplémentaire... Debout dans le RER, serrée contre ces inconnus, je faisais porter mon poids d'une jambe sur l'autre, avec un léger fléchissement... je me suis même surprise, les mains dans les poches de mon manteau, à en serrer les pans de manière à me caresser le ventre tout en glissant ma main droite enveloppée de tissu à l'entrée de mes cuisses...
Nation, changement... un nouveau pas... l'impression que je dégouline de désir, qu'il descend le long de ma jambe... Je me rends compte que je marche en accentuant le balancement de mes hanches, la longueur de mes pas, dans le seul but de faire remonter mon jeans contre ma fente trempée... les escalators.... une jambe sur une marche, l'autre sur celle du dessous... écartelée sans que personne ne s'en aperçoive... et toujours ce balancement, presque indécelable... Les tourniquets... pendant deux secondes, je m'arrête, je viens m'empaler sur ce gros bout de fer et je me branle... De nouveau, escalators... j'ai la tête qui tourne, je me rends compte que j'ai la bouche légèrement entrouverte, quand je ne mordille pas mes lèvres...
Ligne 2, cette vieille ligne sur laquelle les rames tressautent... je suis assise, dos bien droit, cambrée, et à nouveau, la couture mouillée vient se poser contre mon clitoris... J'ai les yeux fixés sur les entrejambes des hommes, je regarde leurs cuisses et je m'imagine me branler contre ces muscles, comme le font les chiens... La sortie, enfin... les traditionnels embouteillages lors de la montée des escaliers... qui aujourdhui ne me dérangent pas : je me branle avec mon jeans...
Je suis arrivée chez moi, j'ai claqué la porte, dégrafé mon jeans, je me suis jetée sur mon lit et là, manteau sur le dos, à plat ventre, fesses relevées et main entre les cuisses, je me suis fait jouir...

Posté par Celenee à 07:13 - Chutes de riens - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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